Mardi 26 juin 2018

Points experts

Redéfinir la diversification...

Changement de régime pour les actions et les obligations

Par essence, la diversification réduit le risque global supporté par l'investisseur en le scindant et en le dispersant sur plusieurs sources de risques « élémentaires ». En pratique, la multiplication du nombre et de la nature des investissements permet de bénéficier à la fois des gains potentiels élevés mais volatils des actifs risqués et de ceux, moins élevés mais plus stables, des actifs moins risqués. Ces derniers s’illustreront notamment par leur capacité à atténuer l’impact des éventuelles pertes subies sur les actifs risqués. Dans les faits, les fonds diversifiés qualifiés de prudent sont principalement composés d’obligations. Et pour cause, depuis vingt ans, la performance des obligations et celle des actions ont tendance à évoluer de façon opposée, un contexte favorable pour gérer le risque puisque l’augmentation de la valeur des obligations aide à compenser la diminution de la valeur des actions, et réciproquement. On parle dans ce cas de corrélation négative entre les actions et les obligations (l’indice de corrélation s’approchant de -1). On parlera de corrélation positive lorsque leur évolution est identique (l’indice de corrélation s’approchant ainsi de 1). Enfin, on parlera de décorrélation quand elles évoluent indépendamment l’une de l’autre (l’indice s’approchant alors de 0).

Là où le bât blesse, c’est que ce contexte de marché a perduré pendant plus de 30 ans. Les taux d'intérêt baissent (et donc la valeur des obligations augmente) depuis des décennies, jusqu'à devenir négatifs pour certains, favorisant la valorisation de nombreux autres actifs au passage.

Les taux d’intérêts s’avèrent donc historiquement bas et les actions reviennent sur de hauts niveaux grâce à ce régime économique très accommodant dicté par les grandes banques centrales depuis près de dix ans. Mais les marchés obligataires sont de plus en plus compliqués à appréhender à mesure que l’on s’oriente vers une phase de normalisation des politiques monétaires. La performance exceptionnelle de cette classe d’actifs (les emprunts d’états), notamment depuis 2008, sera difficile à reproduire à l’avenir. Le retour d’une croissance économique mondiale synchronisée et la remontée graduelle de l’inflation devrait contraindre les banques centrales à mettre progressivement fin à leur politique monétaire accommodante. La Réserve Fédérale américaine va poursuivre le relèvement de son taux directeur entamé il y a deux ans et la banque centrale européenne, qui a déjà débuté la réduction de son stimulus monétaire, procédera selon toute vraisemblance à une première hausse de son taux directeur au cours de l’année 2019.

Les commentaires et analyses reflètent l'opinion de CPR AM sur les marchés et leur évolution, en fonction des informations connues à ce jour. Les informations contenues dans ce document n'ont aucune valeur contractuelle et n'engagent pas la responsabilité de CPR AM.

Thomas Page-Lecuyer

Spécialiste des investissements

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